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Le chanteur Jean Ferrat est mort |
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15/03/2010 |
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La chanson française a perdu l¹un de ses plus grands maîtres. Jean Ferrat est décédé samedi à l¹âge de 79 ans des suites d¹une longue maladie. L¹information a été confirmée ce samedi par la gendarmerie d¹Aubenas en Ardèche, département où résidait le chanteur, à Antraigues. Chanteur et parolier engagé, Jean Ferrat est mort à l¹hôpital d¹Aubenas où il était hospitalisé depuis quelques jours.
Jean Ferrat a commencé sa carrière musicale au milieu des années 1950. Auteur de chansons inoubliables comme «La montagne», «Que serais-je sans toi ?» ou «La femme est l¹avenir de l¹homme», Ferrat s¹était rendu célèbre notamment par l¹interprétation de poèmes d¹Aragon qu¹il avait à nouveau adaptés en 1995. Un chanteur engagé qui chantait comme on s¹insurge Né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson, le petit Jean s¹est d¹abord appelé Laroche puis Jean Ferrat. Il perd son père à 11 ans, déporté à Auschwitz. Enfant, il est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu¹il n¹oubliera jamais. Elève au Collège Jules Ferry de Versailles, il fut contraint d¹interrompre ses études et entre dans un laboratoire de chimie du bâtiment. Tout en faisant du théâtre amateur et de la guitare de jazz, il a commencé sa carrière en chantant pour ses amis les chansons de Prévert et le répertoire de Montand. C¹est alors qu¹il compose ses premières mélodies. En 1963, il avait composé une chanson sur la déportation intitulée «Nuit et brouillard» qui fut, un temps, «déconseillée» par les radios, mais pas par le public. Un soir sur Europe 1, la chanson était devenu «Chanson plébiscitée par les auditeurs». Un épisode de sa carrière à l¹image de toute une vie d¹artiste, engagé et humaniste, célèbre pour ses mélodies, mais aussi ses coups de gueule notamment contre l¹industrie du disque. Il critiquait tout particulièrement le faible nombre d¹artistes francophones diffusés sur les radios et ce malgré les quotas. «Oui, je suis un peu le José Bové de la variété», expliquait-il dans une interview à l¹Express en 2003. Compagnon de route du parti communiste, mais jamais encarté Compagnon de route du parti communiste - sans pour autant avoir eu sa carte au PCF - il n¹a pas hésité à critiqué l¹URSS mais est toujours resté fidèle à son engagement à gauche. Lauréat du prix de l¹académie Charles Cros en 1963 et du grand prix de la chanson de la SACEM en 1994, Ferrat avait apporté son soutien à la liste présentée aux élections régionales par le Front de Gauche en Ardèche. Dans une interview à notre journal en 2007, il expliquait ses rapports au communisme : «J¹ai toujours eu des rapports d¹amitié avec les communistes, c¹est vrai. Mais je ne me suis jamais empêché de les critiquer, y compris dans mes chansons. Je regrette que le Parti se soit replié sur lui et n¹ait pas été capable de dépasser l¹attachement, que je comprends, à la candidature Buffet. Elle a de grandes qualités, mais il aurait fallu jouer l¹ouverture jusqu¹au bout et sortir de la défense stricte de l¹appareil. L¹éparpillement est détestable. Pour pouvoir peser au cours de cette élection, un grand mouvement qui dépasse les partis est nécessaire. Parce que Sarkozy et Royal du matin au soir, ras-le-bol !» |